MERCREDI 12 MARS, 17H30.
Les textes suivants ont été mis en ligne à 15h00 aujourd’hui après que Ferney-Avenir nous ait taxé d’ »irresponsabilité »
pour avoir refusé le projet de fusion qu’on nous proposait.
Cette liste a retiré depuis lors ce mot polémique
de son site Web. Nous maintenons intégralement le texte de notre réponse.
Pourquoi nous refusons toute fusion !
Au premier tour des élections municipales, la liste «Ferney-Avenir» est arrivée avec seulement treize voix d’avance devant notre liste, «Ferney-Voltaire pour tous». Les deux listes ont recueilli chacune environ 30% des suffrages, infligeant un cinglant désaveu au maire sortant (moins de 26% des voix).
François Meylan et ses colistiers de «Ferney-Avenir» ont aussitôt proposé de fusionner avec «Ferney-Voltaire pour tous» en vue du second tour le 16 mars. Clairs étaient les termes de la proposition : on nous offrait 8 places de conseillers municipaux, dont le poste de 1er adjoint.
Si nous étions animés par l’ambition ou l’arrivisme, nous aurions donné aussitôt suite à cette proposition, qui annulait notre programme. Nous ne l’avons pas fait malgré les pressions (confinant au harcèlement moral) exercées sur certains de nos colistiers (les plus sensibles?) et sur Fabienne qui a reçu et conservé certains messages que nous communiquerons le cas échéant.
Pour quelles raisons nous maintenons-nous? Par honnêteté et par sens des responsabilités. On ne peut promettre tout et n’importe quoi ! Le programme de «Ferney-Avenir» nous semble profondément utopique, démagogique et irréaliste, si ce n’est dangereux pour l’avenir de Ferney-Voltaire. Pour n’en donner que quelques exemples :
- La liste «Ferney-Avenir» s’est engagée à remonter la ligne de PEB (Plan d’Exposition au Bruit), imposée par la préfecture. La municipalité sortante avait, à l’unanimité, émis un avis positif sur une ligne médiane (déjà très pénalisante), qui impose de fortes contraintes à toutes les habitations situées entre cette ligne et l’aéroport (impossible de créer des nouveaux logements ou de les agrandir de plus de 15%). Cette zone (qui passe au niveau du chemin de Vireloup, juste sous l’école Florian, sur le conservatoire de musique) partage donc le territoire en deux, obligeant à terme à une mutation des zones de logements en zones d’activités. «Ferney-Avenir» propose de remonter encore cette ligne au niveau de la rue de Versoix et de la rue de Meyrin, condamnant inéluctablement le développement de notre ville et renchérissant le prix déjà élevé des logements par suite de leur raréfaction. Cette ligne ne protégera pas les habitants du bruit, bien au contraire : elle favorisera le développement des activités aéroportuaires en donnant prétexte aux autorités suisses à agrandir l’aéroport. La proposition de «Ferney Avenir» aura donc pour effet pervers de pénaliser les habitants et la collectivité sans aucune contrepartie de la part de l’aéroport. Interpellés sur ce sujet, les colistiers de François Meylan ne semblent pas, à cette heure, avoir perçu la finalité d’un PEB. Nous préférons l’instauration d’un PGS (Plan de Gêne Sonore) financé par l’aéroport qui permettrait de mettre en oeuvre des mesures concrètes d’insonorisation de l’habitat sur les zones touchées.
- « Ferney-Avenir » propose de créer une «halle couverte» au centre de Ferney pour accueillir les marchés hebdomadaires. Ceci impliquerait de supprimer les espaces de parking au coeur de notre ville qui en manque déjà. La réponse de cette liste est qu’il suffira de construire des parkings souterrains. A quel coût pour les finances communales? C’est bien simple… Une place souterraine coûte au minimum 20’000 euros (sans tenir compte des problèmes de nappes phréatiques, systématiques dans notre sous-sol), soit 2’000’000 d’euros pour 100 places… et ce, avant même de commencer à construire la fameuse halle dont le prix peut être évalué à 1200 euros le m2 au minimum. Avant de faire des propositions séduisantes, il faut en évaluer l’impact budgétaire…
- Cette liste propose de «mettre en chantier 150 logements sociaux en coopérative». Cette opération serait implantée sur un terrain qui n’appartient actuellement pas à la commune. A raison de 70 m2 par logement, cela représenterait un coût de 27 millions d’euros. Notre commune a-t-elle les moyens financiers de garantir l’emprunt d’une telle somme? En outre, cette formule de logement trouve son origine dans le mouvement des «squatters». En vogue au Québec, elle est quasi-expérimentale en France. Peut-elle être généralisée à une si vaste échelle? Elle est très contraignante pour les locataires-propriétaires, qui ne peuvent revendre sans l’accord de tous les autres habitants. Nous sommes bien conscients que le problème du logement en général (et social en particulier) est aigu à Ferney. En ce sens, nous avons fait des propositions concrètes (90 logements) et réalisables pendant le mandat sur des terrains communaux, au centre-ville. Ces propositions s’ajouteront au projet de construction-déconstruction de la rue de Versoix (projet sur 10 années) et qui offrirait 100 logements sociaux de plus à notre ville.
- Un « tramway nommé Désir »… Le tracé préconisé par François Meylan et sa liste d’un tram sur Ferney (dont l’Etat de Genève a abandonné l’idée depuis plus d’un an pour cause de densité de population en inadéquation totale, y compris à très long terme, avec ce type d’équipement) qui passerait par le Campanile, devant le château de Voltaire, avant de redescendre vers la mairie, aurait un coût de plus de 80 millions d’euros rien que sur Ferney «intra muros»… Aux dernières nouvelles (depuis samedi dernier !) Ferney-Avenir s’est avisé que la pente de la Planche Brûlée serait trop forte pour y faire passer le tram. Alors : passera ou passera pas? La seule « éventuelle » possibilité pour Ferney de voir un jour y arriver un tram serait la réalisation du Rectangle d’Or... sauf que François Meylan a dès le début émis les plus « sérieux doutes » sur l’intérêt de ce projet (voir le site de Ferney A Venir qui met en ligne une abondante littérature sur le sujet, faites vite avant que ces articles ne soient retirés)… Chez « Ferney-Avenir » comme chez « Ferney A Venir » les contradictions sont une fois de plus monnaie courante.
- Notre commune n’a pas les moyens de créer une ligne de bus «Versoix-Meyrin». Comment peut-on suggérer dans un document électoral la mise en place d’une nouvelle ligne de transport en commun sans aucune étude et sans concertation avec les Transports Publics Genevois et le Conseil Général?
- La liste Ferney-Avenir souhaite implanter au centre de Ferney le cinéma, le «club des aînés», une « maison des cultures» et même une relocalisation de la bibliothèque, sans compter la «halle couverte». Sur quel espace et à quel coût?
- A titre d’anecdote, cette liste propose de « faire participer les Ferneysiens à l’entretien des bois ». Les bois sont des propriétés privées. De quel droit la collectivité pourrait-elle y intervenir? La commune doit-elle en faire l’acquisition? Cette hypothèse n’est pas plus évoquée dans le programme de Ferney-Avenir que son coût…
- Lors de ses réunions publiques, Ferney-Avenir a annoncé la mesure-phare (ou pharaonique?) de son programme: la construction d’une cantine centrale, offrant de la nourriture «bio» préparée et servie par des personnes handicapées et à laquelle les enfants des différentes écoles se rendraient à pied par un itinéraire «pédibus». C’est un contresens total:
1. La construction d’une cuisine centrale coûterait au minimum 2.7 millions d’euros rien qu’en investissement, soit près du quart des disponibilités financières d’un mandat municipal! Nous pensons qu’il serait plus judicieux d’exploiter, en partenariat avec la Région, les ressources du Lycée international, qui, jusqu’en juin 2007, fournissait les cantines des différents établissements de Ferney.
2. S’il est souhaitable d’introduire une part d’alimentation «bio» dans la restauration scolaire, nous n’avons pas les moyens techniques et financiers d’en servir à tous les repas. Même les communes les plus en pointe sur ce créneau ne servent qu’un repas bio par mois ou, au mieux, par semaine !
3. La tête de liste de «Ferney-Avenir» a co-conduit à l’Entre-Deux une expérience de restauration avec du personnel handicapé. Le résultat a été un échec désastreux, le restaurant ayant dû mettre en 2007 la clé sous la porte avec un déficit d’au moins 830’000 euros sur deux ans seulement d’exploitation, sans compter le drame humain que cette faillite a représenté pour toutes les personnes qui y travaillaient ! Comme l’a rappelé la tête de liste de Ferney-Avenir lors d’une de ses réunions publiques, «nous avons tenté l’expérience en petit, ça n’a pas marché, nous le referons en grand et ça marchera!». Est-ce crédible?
4. Comment imaginer des enfants de 3-6 ans se déplacer à pied de l’Ecole Florian à un lieu central en plein hiver? Echaudé par nos critiques, «Ferney-Avenir» est revenu très récemment en arrière sur ce point, proposant désormais de desservir en voiture les différentes cantines (et voilà le développement durable prôné par «Ferney-Avenir» qui en prend un coup… à moins d’utiliser un véhicule carburant au méthane obtenu par la «méthanisation des déchets verts», autre lubie de notre moderne don Quichotte)
5. Enfin, parlons du coût des repas… Qui croit sérieusement que la confection des repas pour 3 cantines municipales pourra être opérée à un prix raisonnable pour les familles (sauf à envisager, une fois de plus, un déficit municipal hors norme…).
L’exemple de la « cantine bio » est sidérant d’inconséquence et d’improvisation. Effet d’annonce certain auprès d’une population crédule et en quête d’initiatives humanistes et « éco-responsables », mais gabegie et échec garantis pour tous les contribuables. Ces propositions ont, selon «Ferney-Avenir», fait l’objet de nombreuses rencontres et discussions de travail depuis plusieurs années! Au final, elles sont amendées à la va-vite dès la première remarque de bon sens.
Voilà donc, en quelques lignes, le programme électoral de «Ferney-Avenir». Nous pourrions aisément faire la démonstration de la «légèreté» de l’ensemble de ses propositions ainsi que de leur «lourdeur» financière pour le contribuable.
Nous ne contestons pas le bien-fondé de certaines propositions de cette liste. Nous affirmons seulement que le catalogue des mesures préconisées n’est destiné qu’à abuser la crédulité des électeurs en faisant abstraction de toute contrainte budgétaire.
Sur son site Web et dans un tract diffusé en boîtes aux lettres, la liste « Ferney-Avenir » nous reproche d’avoir fait « un choix irresponsable » en déclinant l’offre de fusion. Est-ce un choix irresponsable que de refuser de nous associer à un programme irréaliste et démagogique?
NOTRE PROPRE PROGRAMME EST CONCRET ET REALISTE.
NOUS NE PROMETTONS QUE CE QUE NOUS POUVONS TENIR !
Vous pouvez télécharger le chiffrage de l’ensemble de nos propositions qui ne dépassent en aucun cas les possibilités financières du mandat à venir.
Notre engagement, pour ces 6 années, est de favoriser la créativité au sein de notre commune, de soutenir les initiatives, de pouvoir faire face aux difficultés qui surviennent forcément tout en mettant l’accent sur la concertation et les évaluations publiques de nos propositions.
Voilà un choix responsable!
Electrices et électeurs de Ferney-Voltaire, dimanche 16 mars,
faites également un choix juste et responsable.
Obédience politique de la liste?
« Habitant de Ferney, j’ai reçu les professions de foi des candidats. Je suis intéressé par votre programme mais je regrette qu’aucune des professions de foi, la votre comprise, ne fasse clairement mention de l’obédience politique sinon de l’ensemble de la liste, au moins du futur maire. Je trouve que c’est un manque de franchise et de transparence qui augure mal de la suite et qui ne peut que jeter le trouble.
Je vous remercie de bien vouloir me donner ce renseignement de façon à ce que je puisse faire mon choix en toute connaissance de cause. »
Fabienne Faure a répondu à cette question:
Monsieur,
je vous remercie de vous intéresser aux programmes des candidats à l’éection municipale de dimanche prochain, votre demande est tout à fait légitime et je vais essayer d’y répondre en 2 temps:
- Personnellement je suis encartée au MOuvement DEMocrate (parti de F. Bayrou), élue sur cette étiquette (enfin c’etait UDF en 2004!) au Conseil Régional Rhône-Alpes et candidate investie par l’UDF-Modem aux élections législatives de juin dernier. Sur notre liste 2 autres candidats sont également MODEM, 2 autres sont encartés au Parti Socialiste et les 24 autres, bien qu’ayant certainement en tant que citoyens une préférence politique, ne possèdent pas de carte d’un parti politique, une remarque complémentaire pour votre information en toute transparence : j’ai obtenu l’investiture du MODEM comme candidate à cette élection municipale parce que le candidat tête de liste d’une autre liste (F. Meylan) l’avait demandée sans l’obtenir. Je ne l’ai pas utilisée, ce renseignement pour faire la transition avec le 2ème point de ma réponse
- N’ayant donc aucun scrupule à afficher nos étiquettes politiques lorsque la consultation politique le nécessite, il nous (ensemble des membres de notre liste) est apparu inutile à l’occasion d’élections municipales de mettre en avant un affichage politique, l’objectif étant de rassembler autour d’un projet fédérateur des femmes et des hommes de sensibilités diverses capables de travailler ensemble dans l’intérêt de toutes les Ferneysiennes et de tous les Ferneysiens et non de couper la population en tranches politiques, à cet égard et dans cette optique nous avons sur notre liste des élus du mandat actuel (« divers droite »), des élus du mandat précédent (« divers gauche ») et de nombreux nouveaux, réfléchissant et travaillant ensemble depuis longtemps pour apporter des réponses concrètes, politiques au sens citoyen premier (la cité) et non par référence à un programme national peu en rapport avec les attentes précises de nos habitants dans les domaines essentiels pour eux de leur vie de tous les jours ici à Ferney-Voltaire: gardes d’enfants, logements, déplacements, animations culturelles et sportives… vivre ensemble finalement en tant que partageant le même espace et non la même appartenance politique…
J’espère avoir repondu à votre souci de transparence et me tiens à votre disposition pour tout complément éventuel (sur ce sujet ou sur notre projet reflètant cette volonté consensuelle).
Très cordialement,
Fabienne Faure
Chiffrage de votre programme?
« Lors de votre réunion à la salle du Levant, vous avez annoncé un programme d’investissement de 13 millions d’euros sans endettement supplémentaire, pouvez-vous préciser? »
Pierre-Marie Philipps a répondu à cette question:
Madame,
je vous remercie de cette question qui me permet de préciser qu’en effet notre budget d’investissement, tout en offrant à la ville de précieux équipements complémentaires et qui font défaut (aggrandissement du conservatoire, rénovation de la maison des Marmousets, création de jardins familiaux, construction d’un nouveau CTM…, aménagement du parc de la Titre, participation à la réimplantation du cinéma, réalisation d’une résidence sociale pour personnes âgées non dépendante et familles mono-parentales…) ne provoquera pas d’endettement supplémentaire (dont les frais financiers pèsent actuellement 380’000 euros par an et le capital remboursé quelques 850’000 euros par an) ni d’augmentation des taux d’intérêt des impôts locaux.
Vous trouverez sous ce lien un tableau récapitulatif de notre budget d’investissement qui a été évalué précisément et objectivement (pas de minimisation des coûts) par un technicien et un analyste financier expérimentés.
Il est donc possible de proposer un projet novateur et créatif sans pour autant mettre en danger la santé financière de notre ville!
Je reste à votre disposition pour toute question complémentaire.
Pierre-Marie Philipps